Man Made Disaster

Doomsday Clock et autres

Dans l’excellent film « WATCHMEN », il avait été question de l’Horloge de l’Apocalypse. Minuit à son cadran serait l’heure de la destruction de l’humanité.

L’excellent film « WATCHMEN« [1] est l’adaptation à l’écran de la non moins excellente BD éponyme[2].

C’était une image très forte dans cette histoire que cette horloge mise à l’heure par un groupe de scientifiques surveillant l’évolution de la guerre froide et la dégradation des rapports entre les grandes puissances nucléaires. Minuit était, symboliquement, l’heure annoncée de la destruction atomique de l’humanité. Mais, cette Horloge de l’Apocalypse (Doomsday Clock) n’était pas seulement un habile élément narratif issu de l’imagination des auteurs, elle existe réellement dans l’idée plus que dans la forme.

Doomsday Clock

A l’origine de la Doomsday Clock nous trouvons le Bulletin of the Atomic Scientists[3] dont le but est d’informer le public des menaces nucléaires, climatiques ou issues des nouvelles technologies qui pèsent sur la survie de l’humanité.

Ce groupement est né en 1945 à l’initiative de certains des acteurs impliqués dans le Projet Manhattan[4] qui donna naissance aux premières bombes atomiques. Ayant été les témoins de la capacité destructive de ces nouvelles armes et inquiets de ce que le secret militaire peut permettre, ces scientifiques prirent la décision de faire œuvre d’information publique afin que les peuples soient éclairés sur les conséquences possibles des décisions prises en leur nom par leur gouvernement et puissent alors donner leur accord en toute conscience.

La première apparition de cette horloge remonte à 1947 et minuit fut choisie comme l’heure symbolique de la catastrophe : elle évoque d’une part dans l’imaginaire collectif une heure fatidique[5] et d’autre part, l’aiguille des minutes se rapprochant de la verticale peut figurer le décompte vers zéro d’un chronomètre.

Si au départ l’heure indiquée par la Doomsday Clock se basait uniquement en considérant le péril nucléaire, avec le temps, d’autres paramètres entrèrent en jeu : changements climatiques, risques liés aux technologies nouvelles,…

En 1947 il était minuit moins 7, aujourd’hui, l’horloge indique minuit moins 6 depuis sa dernière mise à l’heure en 2010. Bien sûr, en plus de 60 ans de nombreux réglages eurent lieu et la décision de l’avancer ou de la retarder est prise par un collectif de scientifiques et d’experts liés au Bulletin dont 18 Prix Nobel.

La figure ci-dessous présente les changements d’heure à Doomsday Clock entre 1947 et 2010.

Remarquons que la zone de confort maximum a été atteinte en 1991 (minuit moins dix-sept) et que par 3 fois (1949, 1953 et 1984[6]) l’aiguille des minutes s’était dangereusement rapprochée de minuit (trois minutes ou moins).

Aujourd’hui, si le risque nucléaire a diminué il reste malgré tout à un niveau important et l’humanité a pris conscience que d’autres dangers la menaçait : changements climatiques, technologies nouvelles, pressions anthropiques sur l’environnement naturel, diminution des ressources…

Ces préoccupations sont de plus en plus partagées et grâce aux nouvelles technologies permettant plus facilement la collecte et l’analyse des données, nous voyions fleurir ici ou là sur le Net des rejetons de la Doomsday Clock.

Catastrophes en ligne pour lignes de catastrophes

Petit tour d’horizon rapide de ce que nous pouvons trouver sur le Net.

Les liens sont donnés ci-dessous à titre indicatif sans prétention d’exhaustivité.

Changement Climatique

L’Hungarian National Association of Radio Distress-Signalling and Infocommunications (RSOE) a pour objet de communiquer en temps réel (ou presque) les informations concernant les désastres et les situations d’urgence sur le plan mondial.

Il a ainsi été créée une base de données dédiée à la description des phénomènes a priori liés aux changements climatiques.

Leur site internet : RSOE EDIS – Climate Change Monitoring (http://cc.rsoe.hu/?pageid=)

Catastrophes et situations d’urgence

Nous retrouvons l’Hungarian National Association of Radio Distress-Signalling and Infocommunications qui a mis en ligne des données sur de nombreux types de catastrophes (naturelles, technologiques,…) avec un système de mise à jour en temps réel ou presque.

Leur site internet : RSOE EDIS – Emergency and Disaster Information Service (http://hisz.rsoe.hu/alertmap/index2.php#)

Ouragans et cie

Dans le même esprit de monitoring en temps réel, nous trouvons Stormpulse (http://www.stormpulse.com). Stormpulse est un site commercial qui se propose de délivrer des informations concernant les ouragans et tous les phénomènes météo dangereux. La partie publique est très intéressante.

Avant d’emménager à New-York

Nous nous éloignons un petit peu des considérations précédentes, mais les possibilités d’agrégations de données permettent de répondre à toutes les préoccupations.

Ainsi, le New York Times a mis en ligne une cartographie des crimes commis à New-York depuis 2003, on y voit la répartition en fonction des quartiers et les données relatives au criminel et à la victime… (http://projects.nytimes.com/crime/homicides/map)

A l’origine de ce travail se trouvait la question que se posait la police de comprendre pourquoi certaines périodes de l’année connaissaient une recrudescence de crimes. Un étude statistique fut entreprise et une fois la collecte des données faite, la mise en forme ne posait plus de difficultés.

Le tempo de la javascript

Nous trouvons aussi sur internet des petits programmes prêts à l’emploi, généralement réalisés sous flash, destinés à être intégrés par les webmasters dans leur site et présentant des fonctionnalités amusantes ou utiles.

Dans la mesure où tous les goûts sont dans la nature et que dès qu’un besoin s’exprime, une bonne volonté se manifeste pour le satisfaire, nous pouvons trouver des gadgets dédiés à ces questions de monitoring. C’est un peu la spécialité de www.poodwaddle.com qui en propose plusieurs dans le domaine de l’éducation, des sciences, de la santé,… et notamment une étonnante horloge mondiale (World Clock) qui indique en temps réel les évolutions démographiques, l’état des ressources énergétiques,…

Les données sont à considérer avec prudence car si les sources semblent sérieuses le résultat final ne doit pas être pris comme argent comptant. Cela reste néanmoins très intéressant et instructif pour au moins avoir une petite idée que la Terre continue de tourner pour tout le monde.

Fin du monde ?

Fin du monde ? Pas pour tout de suite.

Fin de l’article ? Oui, sûrement.

Parmi ce qui a été présenté, certaines choses sont un peu plus consistantes que d’autres, mais toutes, plutôt que d’être angoissantes et inhibitrices,  doivent contribuer à faire prendre conscience des enjeux et des phénomènes en cours.

En effet, en filigrane se dessinent toutes les préoccupations liés au développement durable et à la maîtrise de risques dont nous ignorons encore tout, car comme le définissait Bruntland dans son rapport en 1987 :

Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

Dominique CECCHINI

———————————–

[1] Watchmen, 2008, réalisé par Zack Snyder, plus d’info ici.

[2] Watchmen, bande-dessinée créée par Alan Moore, Dave Gibbons et John Higgins

[3] Site du Bulletin of the Atomic Scientists : http://www.thebulletin.org

[4] Remarquons au passage, pour revenir un bref instant aux Watchmen, qu’un des personnages principaux a pris le nom de Dr Manhattan. Ce personnage, le seul doté de pouvoirs surhumains dans l’histoire,  était à l’origine un physicien nucléaire accidentellement irradié lors d’une expérience. A cette occasion sa nature physique et psychologique connut de profondes transformations, symbolisant ainsi la question de l’accession de l’humanité  à des capacités échappant aux champs de son expérience  antérieure avec comme conséquences les difficultés inhérentes pour évaluer avec justesse les risques associés aux actions devenues possibles (hé,  c’est une fiction ! En réalité, il aurait été au mieux grillé comme une saucisse oubliée  sur le barbecue et au pire, ses atomes auraient été envoyés en vacances définitives chacun de leur côté).

« …les difficultés inhérentes pour évaluer avec justesse les risques associés aux actions devenues possibles… » (intégration depuis : http://www.smbc-comics.com/)

Pour aller un peu plus loin sur le projet Manhattan, vous pouvez suivre ce lien dans un premier temps.

[5] Bien que le bulletin ne l’évoque pas et se contente d’associer minuit à un symbole d’apocalypse dans l’imaginaire collectif ([…] the imagery of apocalypse (midnight) […]) remarquons pour l’amusement que c’est aussi l’heure de la survenue de la 10ème plaie d’Egypte. Et pour être moins anxiogène, c’est aussi l’heure de Noël, des baisers de la nouvelle années, de la limite de la déclaration d’impôts…

[6] Pour se remémorer cette époque très tendue écouter la chanson de Sting, Russians (1985), qui exprime bien la préoccupation  à ce sujet de ces années-là. lien 1, lien 2.

Nota 1 : source de l’image d’en-tête : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:RelojDespertador.jpg

Nota 2 : illustrations des différents monitoring : captures d’écran des sites liés.

 

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