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Accident du travail mortel : un peintre de 28 ans

Les secours sont appelés sur un chantier : un ouvrier gît au pied d’un échafaudage. Tout porte à croire à une chute de hauteur mais les apparences sont trompeuses.

Lu dans Charlie Hebdo n° 951 du 8 septembre 2010.

Dans la rubrique de Patrick Pelloux « Histoire d’Urgences », il est question d’une intervention menée sur un chantier.

Les secours sont appelés en urgence sur le chantier d’un immeuble parisien où un peintre de 28 ans gît inanimé.

L’homme est en arrêt cardiaque et les apparences sont trompeuses : l’absence de témoin, le corps au pied de l’échafaudage et l’inconscience de la victime, tout porte à croire dans un premier temps à ce que l’accident soit la conséquence d’une chute de hauteur.1

Alors que les pompiers s’affairent à effectuer un massage cardiaque, leurs détecteurs de présence de monoxyde de carbone se déclenchent, les intervenants doivent donc fuir le site devant le danger tout en évacuant la victime.

Le diagnostic est difficile à poser et c’est la découverte d’un bidon de décapant de 25 litres avec une tête de mort « mal dessinée » sur le couvercle qui met les secours sur la piste d’une intoxication et qui explique le déclenchement des alarmes (le CO proviendrait de la dégradation du décapant).

L’intervention du patron de l’entreprise arrivé entre-temps sur les lieux est décrite par Patrick Pelloux :

« c’est quoi ce cirque ? » dit-il dans un premier temps, avant de demander « méprisant » 2 : « il a quoi ? » au sujet de l’ouvrier mourant sous ses yeux alors que les secours s’activent…

Cette histoire, qui malheureusement se solde par la mort de l’ouvrier, illustre bien a priori certains points récurrents que nous avons constatés maintes fois dans la genèse des accidents et dans la gestion du risque par les entreprises :

– L’inconscience des responsables devant les conséquences morales, financières, civiles et pénales auxquelles ils seront rapidement confrontés.

– L’absence a priori de formation et d’équipement adaptés et de processus interne à l’entreprise permettant de maîtriser ses risques.

– La difficulté lors d’une intervention où l’urgence prime de déceler tous les éléments en présence et les causes de l’accident pour éviter le sur-accident.

– La conduite d’opération en situation dégradée conduit inévitablement  la réalisation du risque.

– La très mauvaise connaissance et maîtrise du risque chimique par les entreprises et les intervenants.

– Le jugement a priori qui conduit à des conclusions erronées…

Dominique CECCHINI


1 Déduction d’autant plus séduisante que la chute est la cause principale d’accidents sur les chantiers de BTP.

2Selon les propres termes de Patrick Pelloux qui rapporte la scène telle qu’il l’a vécue…

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